Playbook Paris: Macron et Borne cherchent la suite — LR en crise — Nucléaire au vote

Playbook Paris: Macron et Borne cherchent la suite — LR en crise — Nucléaire au vote
Опубликовано: Tuesday, 21 March 2023 06:20

Présenté par Meta




Par ANTHONY LATTIER


Avec ELISA BERTHOLOMEY


PRÉSENTÉ PAR


Meta

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Bonjour à toutes et à tous, très bon réveil, nous sommes mardi 21 mars 2023. Avant toute chose, Playbook souhaite présenter ses excuses les plus plates. Contrairement à ce que nous avions écrit hier, et comme nous l’avons tous constaté, le scrutin pour une motion de censure est évidemment public, et les délégations de vote y sont possibles. Playbook promet de recopier 100 fois la fiche de synthèse n°45 du site de l’Assemblée nationale sur la procédure de vote. Merci à nos lecteurs vigilants.


MACRON ET BORNE CHERCHENT LA SUITE


ET MAINTENANT ? Que va-t-il faire ? C’est la question que se posaient en chœur ministres, députés et conseillers hier, sur l’attitude d’Emmanuel Macron dans les jours qui viennent. “L’impression générale est que le président a éteint la lumière dans la pièce et que maintenant on tâtonne pour s’y retrouver”, nous textotait dans la soirée un député Renaissance, un poil dépité par la situation. “C’est la crise partout, il n’y a de chef nulle part”, cinglait encore un sénateur centriste. Le tableau est complété par les images désormais habituelles des travées de Paris en feu.


Tourniquet. Le chef de l’Etat est en tout cas décidé à montrer qu’il reprend les choses en main dans sa majorité, ou, dixit un conseiller gouvernemental, à “donner un coup d’accélérateur au tempo politique”. Pour preuve : son agenda (public) de la journée, rempli de rencontres politiques à caractère institutionnel. Après une première réunion matinale avec la Première ministre, les chefs des partis et des groupes de la majorité, plusieurs ministres et Yaël Braun-Pivet, il déjeunera avec la présidente de l’Assemblée et celui du Sénat, Gérard Larcher. A 19h30, il recevra l’ensemble des parlementaires de la majorité. Histoire, dans les mots du même sénateur cité plus haut, d’”apporter les premiers soins”.


De son côté, la Première ministre va elle aussi soigner les élus de la majorité. Elisabeth Borne a prévu de faire la tournée des réunions de groupes à l’Assemblée (Renaissance, MoDem et Horizons ce matin). A la mi-journée, elle accueillera à Matignon les ministres de plein exercice et participera enfin au (tout premier !) bureau exécutif commun aux trois partis de la majorité, en fin de journée.


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BORNE TO BE ALIVE. Autant dire que l’hypothèse, un temps envisagée, qu’Elisabeth Borne présente formellement sa démission pour être renommée dans la foulée, n’est plus à l’ordre du jour. “La Première ministre n’a pas été renversée. Il n’y a donc aucune raison de la voir démissionner, ce serait absurde”, faisait d’ailleurs mine de penser, hier soir, un conseiller de l’Elysée consulté par votre infolettre.


Maintien précaire. Nul n’ose pour autant affirmer, off the record, que le maintien de la PM à son poste est assuré : “Il n’y a jamais de situation acquise avec lui… Je rappelle qu’il est capable de vivre deux mois sans ministre de l’Intérieur, il ne va pas la changer à chaud !” soulignait hier soir un stratège macroniste. (C’est un tantinet exagéré : après le départ précipité de Gérard Collomb de la Place Beauvau, en 2018, Emmanuel Macron avait mis un peu moins de 15 jours à choisir son successeur.)


Illusions perdues. Le même nous assurait hier qu’Emmanuel Macron n’aurait d’ailleurs guère apprécié la prestation d’Elisabeth Borne sur TF1 — jugée trop froide — après l’annonce du 49.3, la semaine dernière. “Ça a chauffé en interne, sur le thème, ‘avec Vautrin, ça n’aurait pas été plus mal !’”.


Urgent d’attendre. Quoiqu’il en soit, la Première ministre devrait avoir au moins quelques jours de tranquillité devant elle — enfin, on se comprend. “Autant ne pas griller tout de suite la carte remaniement”, argumentait un conseiller ministériel joint par nos soins dans la soirée, quand l’un des stratèges du président soulevait qu’il valait mieux attendre la décision du Conseil constitutionnel avant de remanier (au cas où la situation s’aggraverait encore un peu, vous l’aurez compris). Toujours dans sa stratégie d’accélération du tempo, Matignon indiquait hier vouloir saisir les Sages dans les meilleurs délais pour que “tous les points soulevés au cours des débats puissent être examinés”.


VOUS MES AMIS. Au-delà du maintien ou non d’Elisabeth Borne, Emmanuel Macron va devoir rapidement décider de sa stratégie pour gouverner. “Faut-il continuer le compromis texte par texte ? Est-ce qu’on signe un accord avec LR ?”, s’interrogeait le même conseiller cité plus haut. Le vote du projet de loi nucléaire cet après-midi — que les LR devraient en théorie soutenir, Playbook vous en parle plus bas — aura valeur de test.


Soyez gentils. Si certains plaident pour une coalition avec les LR compatibles — Bruno Le Maire, par exemple, dimanche dans le Parisien — d’autres se montrent plus réticents à cette idée. “LR n’a pas démontré une grande stabilité, ce serait la prime aux délinquants”, s’agaçait un ministre avec qui Playbook échangeait à la mi-journée. “Il faut voir combien ils ramènent de députés”, comptait déjà notre conseiller pour qui le renfort de 10 ou 15 parlementaires supplémentaires permettrait au gouvernement — et à la majorité — de souffler.


CONSEIL STRATÉGIQUE LR


EN CRISE. Sanctions, exclusions, scission, statu quo ? Après le vote de 19 députés LR (sur les 61 du groupe) pour la censure du gouvernement, le conseil stratégique du parti, à 8h30 ce matin, s’annonce coton.


C’est grave ? Version optimiste : la trentaine de ténors du parti convoquée cherchera à trouver les moyens de “continuer à avancer ensemble”, dixit un cadre du groupe à l’Assemblée. Version pessimiste : “Les LR sont dans la phase de mise en bière”, selon un conseiller parlementaire. Version très pessimiste : “LR ne s’en remettra pas”, selon un autre conseiller.


Intenable. Nul doute, en tout cas, que des regards noirs se poseront sur l’ex-numéro 2 du parti Aurélien Pradié, qui nous a confirmé sa présence à la réunion. Alors que lui assume son choix de censurer le gouvernement, la fracture est jugée impossible à refermer par une autre frange de LR selon qui les frondeurs doivent être exclus. “On est partis pour une scission, je ne vois pas très bien ce qu’on a encore à se dire”, soupirait un ténor du parti hier soir, dépité de la journée.


Tout va bien. Un député pradiériste feignait lui de ne pas voir le problème et comptait, pour s’en sortir sur les “états généraux de la droite” voulus par Eric Ciotti. Ils permettront, selon cet élu, de “mettre cartes sur table”.


Le patron du parti, pour sa part, n’a rien dévoilé de ses intentions, hier. Mais sa déclaration d’après vote en donnait une petite idée, à mi-chemin entre le déni de réalité et la menace implicite à l’encontre de ceux ayant voté la censure. “Notre famille politique a refusé de s’associer à un chaos inévitable”, a en effet expliqué Ciotti.


Avec Macron ? Pour le député Alexandre Vincendet, pas question d’en rester là : “Les digues ont sauté. Mélenchon appelle au soulèvement et à la révolution, et nous on vote avec ces gens-là ?”, s’étouffait ce très Macron-compatible. Lui comme d’autres appellent à tirer les conséquences politiques du vote et à reposer la question du positionnement de LR dans le paysage politique. Autrement dit : trouver un accord avec le gouvernement. D’autres voix du parti y sont ouvertement favorables comme Rachida Dati, membre du Conseil stratégique du parti, qui l’avait proposé vendredi dernier sur France Culture.


NOS RÉGIONS ONT DU TALENT. Chacun a évidemment épluché la liste des 19 députés qui ont voté pour la censure. Parmi eux, une demi-douzaine de députés d’Auvergne-Rhône-Alpes, comme Isabelle Valentin dont le suppléant est un certain… Laurent Wauquiez. Le rhônalpin “les a laissé faire, il a joué contre Ciotti et contre le parti”, s’étranglait hier un conseiller parlementaire LR. Les mêmes accusations pleuvaient contre Xavier Bertrand le président de la région Hauts-de-France, accusé d’avoir encouragé les frondeurs en sous-main. Mais Bertrand assume sa ligne : “oui”, il entend bien défendre ceux qui ont voté la censure, nous a-t-il répondu hier soir.


Tout est chaos. Pour beaucoup, la stratégie des deux “présidentiables” se révèle au grand jour : “Ils jouent la bordélisation du parti pour reconstruire quelque chose de leur côté”, nous écrivait un stratège hier. Même analyse pour un autre : “Pour eux, il vaut mieux flinguer Macron, quitte à flinguer Ciotti. C’est la stratégie de la terre brûlée.” A la différence de son homologue rhônalpin, le président de la région Hauts-de-France est soupçonné de viser d’abord d’être appelé à la rescousse à Matignon : “Bertrand il a la valise à côté du téléphone, tout est prêt” s’amusait hier à ce sujet un sénateur déjà mentionné plus haut.




PLAYBOOK EXPRESS


LE NUCLÉAIRE AU VOTE. Le projet de loi sur l’accélération du nucléaire est soumis au vote solennel des députés cet après-midi. Agnès Pannier-Runacher devrait l’aborder sereinement. Son texte est largement soutenu sur les bancs de l’Assemblée nationale. Les groupes RN et LR nous ont indiqué qu’ils appelaient à voter pour. La majorité des communistes devrait aussi l’approuver. Les socialistes prendront leur décision ce matin (ils oscillent entre abstention et contre). En revanche, les écologistes et les Insoumis s’opposent à la relance du nucléaire.


Revers. L’examen du texte n’a pourtant pas été de tout repos pour le gouvernement. Vendredi soir, la tension s’est relâchée après que la ministre de l’Energie Agnès Pannier-Runacher a confirmé qu’il n’y aura pas de deuxième délibération sur la proposition la plus polémique du texte : la fusion de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) dans l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Autrement dit, la ministre ne remettra pas en cause le rejet, par les députés, de cette mesure très critiquée, y compris dans la majorité.


Rappel. Le texte, présenté en novembre par le gouvernement, vise à faciliter la construction des huit nouveaux réacteurs EPR2 qui sont en cours de réflexion chez EDF, ainsi que la prolongation des réacteurs existants.


LE RN FAN DE TROTSKI. L’école de formation des cadres du Rassemblement national proposera un cours sur l’histoire du… trotskisme en France, a appris notre collègue Antoine Comte. Votre infolettre a cru au départ à un poisson d’avril avant l’heure. Pas du tout. Ce cours sera dispensé par le sondeur Jérôme Sainte-Marie et ancien trotskiste lui-même. “Le but est d’armer politiquement nos militants face à leurs adversaires. Les Insoumis sont nombreux à être issus du trotskisme”, explique à Playbook le responsable des formations de l’école, qui sera officiellement lancée ce soir à la Maison de la Chimie, à Paris.


BEAUNE, LE FRANC(O)-ALLEMAND. Rien de grave, c’est promis : pour Clément Beaune, le pic de tensions entre Paris et Berlin sur la fin du moteur thermique en 2035 n’est que l’énième mise à l’épreuve de la solidité du couple franco-allemand. Ainsi le ministre des Transports plaide-t-il pour une communication franche avec l’Allemagne : “Quand on a un désaccord, on ne va pas le cacher, on va travailler pour le surmonter”, a expliqué Beaune à notre collègue Giorgio Leali (article en anglais).


Ne pas brouiller le signal. Beaune met aussi en garde contre la proposition de Berlin consistant à faire une exception pour les moteurs alimentés uniquement avec des carburants synthétiques moins polluants (“e-fuels”).


Le sujet vous paraît-il peut-être un peu indigeste à l’heure du premier café, mais sachez qu’il agite le tout Bruxelles, ces derniers temps. Il risque même d’être discuté dans les coulisses par les chefs d’Etats et gouvernement qui se retrouvent à Bruxelles ce jeudi, comme mon collègue Giorgio vous le racontait déjà ici. “Il semble difficile d’envisager une situation dans laquelle on saurait combiner le recours aux e-fuel et l’interdiction du moteur thermique en 2035” a ajouté Clément Beaune.


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AUSSI À L’AGENDA


Emmanuel Macron reçoit à 9 heures à l’Elysée Elisabeth Borne, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, les chefs des partis et des groupes de la majorité, et plusieurs ministres. Il déjeune avec Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher. Il reçoit le soir les parlementaires de la majorité.


Elisabeth Borne préside une réunion avec les ministres de plein exercice et participe au bureau exécutif d’Ensemble!


A 10 heures, Jean-Christophe Combe et Charlotte Caubel se rendent à l’Institut régional du travail social d’Ile-de-France (IRTS) pour la journée mondiale du travail social.


Assemblée nationale : En séance publique, vote solennel du projet de loi nucléaire et à 21h30, suite de la discussion sur le projet de loi Jeux Olympiques. La commission des affaires sociales auditionne à 17h15 Pierre Moscovici, premier président, François de La Guéronnière, conseiller maître et Juliette Méadel, conseillère référendaire, sur le rapport de la Cour des comptes relatif à l’offre de soins en pédopsychiatrie.


Sénat : En séance publique à 9h30 : questions orales. A 14h30 et 21h30, conclusions de la CMP sur la proposition de loi visant à ouvrir le tiers-financement à l’État, à ses établissements publics et aux collectivités territoriales pour favoriser les travaux de rénovation énergétique. Proposition de loi visant à mieux protéger et accompagner les enfants victimes et co-victimes de violences intrafamiliales.


Ensemble : réunion d’un bureau exécutif commun aux trois partis de la majorité, en présence de Stéphane Séjourné, Edouard Philippe et François Bayrou.


RN : soirée de lancement de l’école des cadres du parti à 18h30.


MATINALES


7h20. RFI : Julien Bayou, député EELV de Paris.


7h30. Public Sénat : Laurence Rossignol, sénatrice PS de l’Oise.


7h40. France 2 : Fabien Roussel, Député PCF du Nord … RTL : Olivier Véran, porte-parole du gouvernement … RMC : Franck Riester, ministre chargé des relations avec le Parlement … Sud Radio : François Ruffin, député LFI de la Somme.


7h45. Radio J : Xavier Iacovelli, président du groupe RDPI au Sénat.


7h50. France Inter : Clément Beaune, ministre des Transports … France Info : Philippe Juvin, député LR des Hauts-de-Seine.


8h00. Public Sénat : François-Xavier Bellamy, député européen LR.


8h15. Europe 1 : Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale … CNEWS : Alexis Corbière, député LFI de Seine-Saint-Denis … France 2 : Jeanne Métivier Sud Radio : Olivier Dussopt, ministre du Travail … Radio Classique : Christine Ockrent, journaliste … BFM Business : Thierry Cotillard, président Les Mousquetaires.


8h20. France Inter : Anne Rosencher, Thomas Legrand et Jérôme Jaffré, directrice déléguée de la rédaction de L’Express, producteur “En quête de politique”, politologue …


8h30. France Info : Manuel Bompard, député LFI des Bouches-du-Rhône… BFMTV/RMC : Olivier Marleix, président du groupe LR à l’Assemblée nationale… LCI : François Hollande, ancien président de la République.


CARNET


AUJOURD’HUI DANS PARIS INFLUENCE : Ce qu’il faut savoir avant le vote sur le PJL nucléaire à l’AN … Le pimpon de la finance mondiale … Des trottinetteuses racolées par les opérateurs … Les enjeux de la Paris Blockchain Week. C’est à 7h30 pour nos abonnés POLITICO Pro.


ANNIVERSAIRES : Brigitte Bourguignon, ancienne ministre de la Santé … Xavier Bertrand, président du Conseil régional des Hauts-de-France … François Patriat, sénateur Renaissance de la Côte-d’Or … Jean-Paul Mattei, président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale … François Jolivet, député Horizons d’Indre.


Un grand merci à : Antoine Comte, nos éditeurs Jules Darmanin et Pauline de Saint Remy, Martin Lagrave pour la veille et Grace Stranger pour la mise en ligne.


**Un message de Meta: Certains pensent que le métavers n’est qu’un monde virtuel. Mais un jour, les médecins urgentistes pourront visualiser les scanners avec des lunettes de réalité augmentée et orienter les patients vers les bons spécialistes. Les pompiers pourront un jour utiliser la réalité augmentée pour s’orienter dans les bâtiments en feu et gagner de précieuses secondes quand des vies seront en jeu. Et avec le métavers, les élèves pourront remonter le temps pour rendre visite aux mammouths laineux et comprendre comment ils vivaient il y a des dizaines de milliers d’années. Même si le métavers est virtuel, son impact sera réel. Découvrez les possibilités qu’offre le métavers.**


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