Playbook Paris: On refait les comptes — Le fond d’LR est frais — Le raté de la dissolution

Playbook Paris: On refait les comptes — Le fond d’LR est frais — Le raté de la dissolution
Опубликовано: Friday, 17 March 2023 06:19

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Par ANTHONY LATTIER


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Bonjour à toutes et à tous, très bon réveil, nous sommes vendredi 17 mars 2023. Playbook ne vous apprendra rien en vous disant qu’Elisabeth Borne a engagé hier la responsabilité de son gouvernement pour faire passer sa réforme des retraites. Les comptes n’étaient pas bons : la majorité sur laquelle pouvait compter le gouvernement était trop serrée, et se jouait à une toute petite poignée — moins de cinq voix d’écart, selon plusieurs sources au fait des tractations consultées par votre infolettre. Mais une autre raison a joué, a appris Playbook : la possibilité considérable que la réforme du gouvernement puisse être rejetée par les députés avant même le vote final sur le texte lui-même.


Reprenons. SI la réforme avait été soumise au vote des députés, une motion de rejet préalable aurait été examinée, comme vous l’expliquait Playbook ici. Une seule motion de rejet pouvant être débattue dans l’hémicycle, un tirage au sort a eu lieu, et celle de La France insoumise est sortie du chapeau. Mais le groupe LFI a finalement retiré sa motion pour permettre à celle déposée par le groupe indépendant LIOT d’être examinée. Cette motion aurait eu plus de chance d’être adoptée, car elle défendue par un groupe d’opposition plus central.


Là ou pas là. Détail capital : pour voter la motion de rejet préalable, les députés doivent être physiquement présents dans l’hémicycle. Ce n’était pas nécessaire pour le vote final sur le texte, pour lequel les députés avaient la possibilité de donner une “délégation de vote”. Et contrairement aux motions de censure (dont on vous parle plus bas), il n’est pas nécessaire d’avoir une majorité absolue au sein de l’hémicycle.


Le hic. Les décomptes des “délégations de vote” des groupes faisaient apparaître ceci : il y avait deux fois plus de députés de la majorité absents que de députés de l’opposition absents. Ce qui, concrètement, aurait amputé la majorité — déjà très courte — d’une dizaine de voix, lors de l’examen de la motion de rejet.


Pancher la balance. “Il y avait danger : la motion de rejet pouvait être victorieuse”, nous glissait hier soir une source bien informée. Au détour d’une interview sur LCP hier, le chef de file du groupe LIOT Bertrand Pancher s’est d’ailleurs dit “convaincu” que “le 49.3 était une réponse” à la possibilité que sa motion de rejet soit votée.


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MOTIONS DE CENSURE


BORNE SOUS LA MENACE. Des défenseurs des droits de l’homme venus du Bahreïn, du Pérou, de Russie ou de Syrie, sont reçus à l’Elysée aujourd’hui par le président. Au lendemain de ce jeudi déterminant pour la suite de son quinquennat, Emmanuel Macron honorera, comme si de rien n’était, les rendez-vous figurant à son agenda, tout comme devrait le faire Elisabeth Borne.


La Première ministre doit accueillir des “Rencontres jeunesse de Matignon” aujourd’hui, un jour après les “rencontres jeunesse” de la place de la Concorde. Mais il n’est pas impossible que son esprit divague quelque peu en pensant à ce qui l’attend en début de semaine prochaine. L’Assemblée nationale examinera les motions de censure qui auront été déposées après le déclenchement du 49.3 dans un hémicycle chauffé à blanc. Les députés ont jusqu’à 15h20, aujourd’hui, pour le faire. Chaque motion doit recueillir la signature d’au moins 58 signataires.


Au moins deux. Marine Le Pen a annoncé dès hier que le groupe Rassemblement national allait déposer la sienne et que les élus RN voteront toutes celles qui seront déposées. Une deuxième motion, évoquée depuis plusieurs jours, était en cours de finalisation hier soir et doit être déposée dans la matinée, nous indiquait dans la soirée un élu Nupes.


Ensemble. Pour maximiser les chances qu’elle soit votée, il s’agira d’une motion “transpartisane”, cosignée par des élus LIOT et par des élus des 4 groupes de la Nupes. La présence des députés LR parmi les signataires ne nous été pas confirmée hier soir. Le premier signataire devrait être, comme annoncé, Charles de Courson, député LIOT de la Marne, qui faisait partie de ceux qui ont appelé hier à la démission d’Elisabeth Borne dans l’hémicycle.


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LE FOND D’LR


PRADIÉ NE SE CENSURE PAS. Sortons le boulier, si vous le voulez bien. Pour que l’une de ces motions de censure soit adoptée, elle devra recueillir l’assentiment de la majorité absolue des députés, soit, présentement, 287. En ajoutant la NUPES (147) au RN (88) et à LIOT (20), on arrive à 255, 260 en saupoudrant les cinq députés non-inscrits. Au strict minimum, il faudrait donc que l’ensemble des groupes d’opposition la votent ainsi que 27 députés LR. Combien le feront ? “Dix”, estimait hier un membre du groupe interrogé par nos soins.


Réunion de crise. Les plus opposés à la réforme, emmenés par le député du Lot et ex vice-président du parti, Aurélien Pradié, ont même plaidé hier en faveur du dépôt d’une motion de censure LR. Pour tenter d’étouffer l’incendie qui couvait, le patron du groupe, Olivier Marleix, a organisé dans l’après-midi une réunion pour trancher la question en interne (sur une idée originale d’Eric Ciotti, murmurait-on hier dans les rangs des Républicains).


Divisés. Ainsi Pradié en a-t-il profité pour exhorter ses collègues à “arrêter de mettre les choses sous le tapis” et à admettre que “sur le fond de la réforme, il y avait un problème”, a rapporté à Playbook un député présent à la réunion. S’en est suivi un vote à main levée : 35 députés LR ont voté contre le principe du dépôt d’une motion, 3 se sont abstenus et 10 ont voté pour, parmi lesquels la poignée de pradiéristes mais aussi Fabien Di Filippo, Pierre Cordier ou encore Maxime Minot.


One love. Qu’adviendra-t-il de cette dizaine de députés s’ils venaient à voter la motion de censure d’autres groupes ? Pas d’exclusion en vue, à ce stade. Olivier Marleix ne s’est pas montré franchement menaçant, dans le huis clos de cette réunion, invitant chacun “à prendre ses responsabilités sur le besoin, l’envie d’aller au bout”.


Message reçu par Pradié qui s’est empressé d’annoncer sur BFMTV qu’il “n’écartait pas l’hypothèse” de voter une censure. De quoi chatouiller sévèrement les narines du numéro 1 du parti, Eric Ciotti, qui avait déclaré quelques minutes plus tôt, devant une forêt de micros : “Nous ne nous associerons à aucune motion de censure et ne voterons aucune motion de censure”.


Nota bene. Dressant à chaud bilan de la séquence, Marleix a estimé devant ses troupes que le groupe LR n’était pour rien dans la décision de l’exécutif d’en passer par un 49.3, reportant la faute sur la majorité présidentielle : “ce sont leurs voix qui manquaient”, a assuré le patron du groupe, qui ressort affaibli de la séquence.


MINCE LA MENACE


LE RATÉ DE LA DISSOLUTION. Emmanuel Macron avait-il brandi, avant-hier soir, la menace d’une dissolution en cas de rejet de la réforme par l’Assemblée ? Dans la confusion médiatique qui accompagne parfois le nébuleux processus de décision élyséen, il était en effet compliqué de faire le tri entre les démentis et les confirmations. Difficile de distinguer “ce qui relève de la volonté du président ou de ses conseillers”, enrageait hier le bras droit d’un ministre.


Le dissolveur dissous. Toujours est-il que si cette menace — réelle ou supposée — avait pour but de rallier les élus LR récalcitrants, elle a eu un effet contre-productif. “Je ne dirais pas que c’est un échec mais je dirais que ça n’a pas fonctionné”, riait (jaune) un cadre Renaissance, au téléphone avec nous hier. “Ca a braqué certains LR, ils étaient fébriles, ils ont préféré en venir au 49.3”, regrettait un conseiller du pouvoir.


Un conseiller parlementaire LR, au téléphone avec Playbook hier, pointait le manque de discernement “psychologique” de l’exécutif : “le député LR est polytraumatisé, il a gagné des circonscriptions ingagnables, ses électeurs sont très remontés contre la réforme : il ne veut pas retourner aux élections !” Sous-entendu : il lui aurait été trop difficile d’assumer un soutien de la réforme dans sa circo en cas de nouveau scrutin.


Le député MoDem Philippe Vigier, qui poussait à fond pour aller au vote, s’est ému de cet impair lors de la réunion de l’intergroupe de la majorité qui a suivi le déclenchement du 49.3. Après coup, il confirmait à Playbook : “Le fait qu’on fasse planer le doute d’une dissolution a fait peur à certains LR. Je ne le reproche pas à Emmanuel Macron mais à tous ceux qui ont fait planer cette menace mercredi soir”.


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AUSSI À L’AGENDA


Emmanuel Macron rencontre les membres de la deuxième pomotion de l’Initiative Marianne, qui vise à soutenir les défenseurs des droits de l’Homme du monde entier.


Elisabeth Borne s’entretient avec Sacha Houlié et François-Noël Buffet à 9h30. Elle préside à 15 heures une réunion de ministres sur la planification écologique.


Gérald Darmanin, Marc Fesneau et Christophe Béchu ont annulé leur déplacement à la Teste-de-Buch en Gironde. Roland Lescure s’entretient avec Philippe Baptiste, président du CNES. Stanislas Guerini préside à 10 heures le premier comité d’investissement du Fonds pour la transformation de l’action publique, dédié aux projets de la nouvelle enveloppe du Fonds. A 12h30 il se rend à la clôture de la 31ème journée de l’association des directeurs d’hôpitaux. Carole Grandjean déjeune avec Alexandre Saubot et Vincent Mouling-Wright, président et directeur-général de France Industrie. Laurence Boone s’entretient à 11 heures avec Maroš Šefčovič, vice-président de la Commission européenne. A 12 heures avec Paolo Gentiloni, commissaire européen chargé de l’économie et à 14h30 avec Thierry Breton, commissaire européen chargé du marché intérieur. Dominique Faure déjeune avec des élus locaux ayant été victimes de violences physiques ou verbales.


Assemblée nationale : En séance publique à 9 heures, 15 heures et 21h30, suite de la discussion du projet de loi nucléaire.


Sénat : La commission d’enquête rénovation énergétique auditionne à 15 heures Maxime Combes et Daniel Ibanez et Françoise Verchère, auteurs d’une proposition de loi visant à diminuer la consommation d’énergie pour le bâti.


Conseil de Paris : dernier jour de sa session de mars.


Samedi : À 14h30, Élisabeth Borne préside la 4ème édition des “Rencontres jeunesse de Matignon” dédiée à l’égalité des chances. Agnès Firmin Le Bodo participe aux Rencontres de St-Malo organisées par AVECsanté.


MATINALES


7h30. Public Sénat : Loïc Hervé, sénateur UC de la Haute-Savoie.


7h40. France 2 : Stanislas Guerini, ministre de la Fonction publique … RTL : Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur … RMC : Anne-Charlène Bezzina, politologue et constitutionnaliste.


7h45. Radio J : Pierre-Yves Bournazel, conseiller de Paris.


7h50. France Inter : Jean-Luc Mélenchon France Info : Sylvain Maillard, député Renaissance de Paris.


8h00. Public Sénat : Nom, fonction.


8h15. Europe 1 : Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale … CNEWS : Nicolas Dupont-Aignan, député de l’Essonne … France 2 : Virginie Gonzales, UFICT-CGT Mines Énergie … Sud Radio : Bertrand Pancher, président du groupe LIOT à l’Assemblée nationale … Radio Classique : Pierre Ferracci, dirigeant d’Alpha … BFM Business : François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France.


8h20. France Inter : Olivier Véran, porte-parole du gouvernement.


8h30. France Info : Jordan Bardella, président du RN … BFMTV/RMC : Olivier Dussopt, ministre du Travail … LCI : Gabriel Attal, ministre des Comptes publics.


CARNET


AUJOURD’HUI DANS PARIS INFLUENCE : L’Assemblée nationale a adopté dans la nuit le PJL nucléaire… On vous explique tout sur le Crédit Suisse … Dernière ligne droite pour la PPL Influenceurs… C’est à 7h30 pour nos abonnés POLITICO Pro.


ANNIVERSAIRES : Dominique Potier, député PS de Meurthe-et-Moselle … Jean Bacci, sénateur LR du Var … Alain Vidalies, ancien secrétaire d’État chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche … Benoît Cœuré, président de l’Autorité de la concurrence… Chaynesse Khirouni, ancienne députée, présidente du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle.


Samedi : Sandrine Le Feur, députée Renaissance du Finistère … Sébastien Meurant, sénateur LR du Val-d’Oise … Arlette Laguiller, ancienne porte-parole de LO, première femme candidate à une élection présidentielle française … Jean-Bernard Lévy, ex PDG d’EDF.


Dimanche : Jean-Marie Janssens, sénateur UC du Loir-et-Cher … Jean-Félix Acquaviva, député LIOT de Haute-Corse … Perrine Goulet, députée MoDem de Nièvre … Grégoire de Fournas, député RN de Gironde.


Un grand merci à : nos éditeurs Jules Darmanin et Pauline de Saint Remy, Martin Lagrave pour la veille et Grace Stranger pour la mise en ligne.


**Un message de Google: Google s’engage pour la sécurité en ligne des Français. 81% des communes estiment qu’elles sont exposées aux cyberattaques selon une enquête Toluna-Harris Interactive réalisée pour Google auprès de 101 mairies de communes de 10 000 à 100 000 habitants en octobre/novembre 2022. Les collectivités locales sont donc de plus en plus exposées à la menace cyber, et le facteur humain est à l’origine de nombreuses cyberattaques. Face à ce double constat, et en partenariat avec l’association Villes de France et le GIP Cybermalveillance.gouv.fr, Google Ateliers Numériques propose un nouveau programme de sensibilisation des agents des collectivités locales à la cybersécurité. Les premières sessions ont eu lieu à Châteauroux la semaine dernière, pendant lesquelles nos coachs Google Ateliers Numériques ont formé une centaine d’agents territoriaux, avant un déploiement du programme à travers la France dans les mois à venir.**


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