Playbook Paris: Borne à la relance — Le méga problème de Darmanin — Législative partielle

Playbook Paris: Borne à la relance — Le méga problème de Darmanin — Législative partielle
Опубликовано: Monday, 27 March 2023 07:07

Présenté par Universcience




Par ELISA BERTHOLOMEY


Avec ANTHONY LATTIER


PRÉSENTÉ PAR


Universcience

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Bonjour à toutes et à tous, très bon début de semaine, nous sommes lundi 27 mars 2023.


CRISE SOCIALE


BORNE À LA RELANCE. Promis juré, on ne l’y reprendra plus. La Première ministre s’est fixée hier soir un objectif “pour l’avenir” : “pas de 49.3 en dehors des textes financiers”, a-t-elle déclaré dans une interview avec l’AFP. Cela ne devrait pas changer grand chose. Cet ultimatum constitutionnel ne peut être brandi qu’une fois par session parlementaire, hors projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale. Or, à 11 reprises depuis sa prise de fonction, Borne l’a employé pour des textes budgétaires, y compris pour la réforme des retraites — ce qui n’est pas sans poser question.


Borne élève. Toutefois, dans ces conditions, la mission d’élargir la majorité — confiée comme une patate brûlante à Elisabeth Borne par Emmanuel Macron — apparaît d’autant plus nécessaire. La Première ministre se lance aujourd’hui dans une phase de consultations politiques tous azimuts, pour relancer la machine et même “éviter l’enlisement”, selon les mots d’un cadre de la majorité. Pour cela, la Première ministre, “au taquet”, a “chamboulé” tout son agenda pour les trois prochaines semaines afin de bâtir “un plan d’action”, s’enthousiasmait hier l’une de ses conseillères.


Au tableau. Premier rendez-vous ce matin : Borne présentera à Emmanuel Macron “la feuille de route”, dixit la présidence, de ses consultations. Présentation qu’elle refera à l’heure du déjeuner aux principaux ministres de son gouvernement, à la présidente de l’Assemblée nationale, aux patrons des partis de la majorité et aux chefs de file des groupes de la majorité.


Consultationite. Histoire de montrer qu’elle est bien à sa tâche, Elisabeth Borne a aussi prévu de recevoir un paquet de monde : les présidents de commission de la majorité cet après-midi, les présidents des deux chambres, Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher, demain, et les chefs des partis de la majorité mercredi. Plus tard, des ministres et parlementaires impliqués sur des “thématiques prioritaires” (par exemple l’industrie verte ou l’éducation) puis les groupes et les partis d’oppositions la semaine prochaine. La Première ministre veut également réunir les représentants des associations des collectivités territoriales et, si possible, les syndicats. L’espoir fait vivre.


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DÉCRYPTAGE. Pour expliquer le sens de sa démarche œcuménique, Borne a donc accordé hier soir, à nos confrères de l’AFP, un entretien que Playbook s’est fait un plaisir de saucissonner, pour reprendre une expression à la mode.


Toi + moi. Comme elle le fait depuis dix mois, Borne répète qu’elle veut construire les textes “en amont” avec tous ceux qui le souhaitent — rappelons que dès son discours de politique générale, en juillet, elle promettait d’être “l’infatigable bâtisseuse” de “majorités de projet”. Les députés LR qui n’ont pas voté la motion de censure font ainsi l’objet d’un clin d’œil appuyé de la cheffe du gouvernement. Mais le président des LR Eric Ciotti oppose, dans Le Figaro ce matin, une nette fin de non-recevoir à l’idée de discuter avec l’exécutif : “Cette question ne se pose pas.”


Sans surprise, les thématiques sur lesquelles porteront les consultations sont celles qui ont été déclinées par Macron la semaine dernière : “ordre républicain”, réindustrialisation, plein emploi, santé, école, écologie. Borne veut obtenir “des résultats concrets” sur quelques sujets. Exemple : faire que chaque professeur absent, même brièvement, soit remplacé. Le projet de loi sur la justice pourrait, lui, subir une cure d’amincissement.


Ne restons pas fâchés. Alors que la rupture est consommée avec les syndicats depuis plusieurs semaines, Borne prône “l’apaisement”. Se disant à la “disposition des partenaires sociaux”, la cheffe du gouvernement affirme vouloir construire avec eux un agenda partagé. Pour essayer de les amadouer, elle se dit prête à “transcrire fidèlement, intégralement” les accords qui sont trouvés entre les organisations syndicales et patronales. Mais le numéro de charmeuse de serpent a des chances limitées de succès, dans un contexte où l’exécutif reste inflexible sur sa réforme des retraites. Et que dire si le pétaradant Olivier Mateu, de la CGT Bouches-du-Rhône, sort victorieux du congrès du syndicat cette semaine.


MÉGA BASSINES


MÉGA PROBLÈME. La journée de dimanche a été déclarée “sans incident notable” du côté de Sainte-Soline, par opposition à celle de samedi, émaillée d’affrontements violents entre manifestants opposés au projet de construction de mégabassines et forces de l’ordre. Selon le bilan consolidé du week-end du ministère de l’Intérieur, 47 gendarmes ont été blessés, aucun n’étant encore à l’hôpital. Parmi les civils, trois blessés restaient en urgence absolue, dont un avec pronostic vital engagé et trois autres blessés en urgence relative.


Comme l’eau sur le feu. La situation dans les Deux-Sèvres a fait l’objet d’une surveillance accrue de la part du gouvernement tout le week-end. Le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, — concerné au premier chef par les questions d’irrigation des cultures — a été mobilisé pour distiller la position du gouvernement dans les médias (notre collègue Antoine Comte vous en touchait un mot dans Dimanchissime hier). Il sera sur Europe 1 encore ce matin. Gérald Darmanin, pour sa part, s’est affiché en salle de commandement à Beauvau samedi en fin de journée.


Dans le grand bain. Le ministre de l’Intérieur en a profité pour désigner “l’ultra-gauche et l’extrême gauche” comme auteures des agressions contre les forces de l’ordre. “J’appelle les élus à condamner avec la plus grande fermeté et sans la moindre ambiguïté ces violences”, a encore déclaré Darmanin.


Darma ninja. Depuis, le premier flic de France se montre discret. Pas question cette fois-ci de comparer les manifestants à des “écoterroristes”, comme en novembre dernier : depuis samedi soir, le patron de Beauvau ne s’est plus exprimé sur le sujet, laissant même son collègue de l’Agriculture répondre à Jean-Luc Mélenchon sur les réseaux sociaux. “Il fait le strict minimum”, grinçait un conseiller de l’exécutif avec qui votre infolettre échangeait quelques messages dans la soirée.


Ministère des crises. Le même pointait les différents “fronts ouverts” pour le ministre de l’Intérieur : outre la question du maintien de l’ordre dans les mobilisations contre les retraites, il doit éviter que la situation ne dégénère à Sainte-Soline. “Un mort, c’est ce qu’on ne veut pas”, s’inquiétait un cadre de Renaissance joint par Playbook hier, reconnaissant que la majorité était dans “une forme de tétanie” sur ce sujet.


Premier de la classe. D’où cette discrétion de Darmanin, expliquait le même, qui “temporise” pour “éviter de mettre de l’huile sur le feu”. Le ministre s’est tout de même activé en coulisses : ainsi, samedi, il a régulièrement communiqué sur la boucle des députés Renaissance, envoyant vidéos, points de situation et éléments de langage pour les parlementaires qui auraient à s’exprimer dans les médias, les invitant à cibler les députés Nupes présents sur place et à les attaquer sur leur absence de condamnation des violences. Ces derniers — tout comme la Ligue des Droits de l’Homme — accusent les forces de l’ordre d’avoir empêché l’arrivée de services d’urgence auprès de manifestants blessés. L’apaisement est encore loin.




LÉGISLATIVE PARTIELLE


FORCES DE GAUCHE. Le résultat de l’élection législative partielle dans la première circonscription de l’Ariège risque de ne pas améliorer les relations entre camarades socialistes. La candidate Nupes-LFI Bénédicte Taurine — soutenue par le premier secrétaire Olivier Faure — est arrivée en tête avec 31,18% des voix. Elle est suivie par la candidate PS dissidente, Martine Froger — appuyée par Nicolas Mayer-Rossignol, premier secrétaire délégué — qui a elle obtenu 26,42% des suffrages. Le candidat RN a terminé troisième avec 24,78% des voix, mais ne sera pas en triangulaire étant donné la faible participation.


Qui c’est les plus forts ? A peine les résultats connus, les soutiens de Froger ont tweeté leur satisfaction de voir leur candidate qualifiée. “En route pour la victoire”, a ainsi gazouillé Anne Hidalgo. “Sérieux, clarté, refus du populisme, élue de terrain : voilà ses valeurs. La gauche qu’on aime”, a de son côté écrit Nicolas Mayer-Rossignol, qui ne cache plus ses réticences vis-à-vis de l’alliance conclue avec LFI. Rappelons qu’Olivier Faure avait décidé d’exclure de la direction du parti les membres qui feraient le choix de soutenir cette candidature dissidente.


Faure à faire. De son côté, la direction du PS s’est empressée de se féliciter du bon score de la gauche dans cette élection… avant d’appeler au retrait de Martine Froger, au nom du “désistement républicain”. Balayé lors de ce scrutin — sa candidate Anne-Sophie Tribout a obtenu à peine plus de 10% —Renaissance s’est engouffré dans la brèche en appelant à voter “sans ambiguïté” pour la candidate dissidente. Sans ambiguïté, et sans enthousiasme non plus. “Le 2 avril, les Ariégois vont avoir le choix entre une députée objectivement dangereuse pour la démocratie et une députée objectivement inutile”, a déclaré Tribout dans son communiqué de défaite.


PLAYBOOK EXPRESS


CAFOUILLAGE INDUSTRIEL. Bercy a renoncé à la présentation très officielle, normalement prévue ce matin, des principales propositions pour nourrir le projet de loi industrie verte. La décision, prise sans crier gare vendredi par le cabinet de Bruno Le Maire, a de quoi interpeller alors que les invitations pour profiter des mini-viennoiseries et du café avaient déjà été envoyées aux journalistes et à une palanquée de chefs d’entreprises.


Bercy se range derrière un “manque de visibilité médiatique”, ce qui peut vouloir dire beaucoup de choses. Pour en savoir plus sur les coulisses de cette annulation, lisez la petite enquête de notre collègue Paul de Villepin ce matin dans Paris Influence.


AUSSI À L’AGENDA


Emmanuel Macron s’entretient à 12 heures avec Elisabeth Borne. A 13h15 il préside une réunion avec les cadres de la majorité.


Elisabeth Borne reçoit les présidents de commission parlementaire de la majorité.


A 10 heures, Bruno Le Maire, Christophe Béchu et Roland Lescure assistent à la présentation des propositions du projet de loi industrie verte. Le ministre de l’économie s’entretient à 17h45 avec Emmanuel Roman, directeur général de Pimco et à 18h30 avec John Elkann, président de Stellantis. François Braun se rend au Centre Hospitalier Intercommunal Alençon-Mamers pour échanger avec les équipes de différents services sur la mise en œuvre du plafonnement des rémunérations des médecins intérimaires à compter du 3 avril prochain. Agnès Pannier-Runacher et Clément Beaune reçoivent à 8h15 les membres du groupe de travail dédié aux transports. Ce dernier rassemble les principaux acteurs, gestionnaires et opérateurs du secteur.


Assemblée nationale : En séance publique à 16 heures et 21h30, proposition de loi visant à faciliter le passage du permis de conduire et proposition de loi de lutte contre le dumping social sur le transmanche. La mission d’information sur les enjeux migratoires auditionne à 17h30 Didier Leschi, directeur général de l’office français de l’immigration et de l’intégration.


Sénat : La commission d’enquête rénovation énergétique auditionne à 15 heures Thierry Repentin et Valérie Mancret-Taylor, président et directrice générale de l’Agence nationale de l’Habitat (ANAH). A 17 heures Olivier Sichel, directeur général délégué de la Caisse des dépôts et consignations. A 18h30 Boris Ravignon et José Caire, président et directeur villes et territoires durables de l’ADEME. La commission d’enquête Tiktok auditionne à 15 heures Julien Nocetti, enseignant-chercheur à l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan. CGT : 53e congrès à Clermont.


MATINALES


7h20. RFI : Laurent Marcangeli, président du groupe Horizons à l’Assemblée nationale.


7h30. Public Sénat : Olivier Cadic, sénateur UC des Français établis hors de France.


7h40. France 2 : Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT … RTL : Clémence Guetté, député LFI du Val-de-Marne … RMC : Jean-Christophe Couvy, secrétaire national du syndicat Unité SGP Police FO.


7h50. France Inter : Jeanne Herry, réalisatrice … France Info : Nicolas Dupont-Aignan, député de l’Essonne.


8h00. Public Sénat : Sandrine Rousseau, députée EELV de Paris.


8h15. Europe 1 : Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture … CNEWS : Stanislas Guerini, ministre de la fonction publiques … France 2 : Ludovic Franceschet, éboueur et tiktokeur … Sud Radio : David Belliard, adjoint EELV à la maire de Paris … Radio Classique : Nicolas Beytout, journaliste.


8h20. France Inter : Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique.


8h30. France Info : Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef… BFMTV/RMC : Olivier Véran, porte-parole du gouvernement… LCI : Jean-Pierre Raffarin, ancien premier ministre.


CARNET


AUJOURD’HUI DANS PARIS INFLUENCE : Le think tank qui faisait du lobbying toute une Montaigne … Les gros influenceurs se réveillent face à la régulation qui leur pend au nez … La présentation du PJL industrie verte carbonisée (pour le moment). C’est à 7h30 pour nos abonnés POLITICO Pro.


ANNIVERSAIRES : Béatrice Gosselin, sénatrice LR de la Manche … Rémy Rebeyrotte, député Renaissance de Saône-et-Loire … Olivier Falorni, député MoDem de Charente-Maritime.


Un grand merci à : Paul de Villepin, nos éditeurs Jules Darmanin et Pauline de Saint Remy, Martin Lagrave pour la veille et Grace Stranger pour la mise en ligne.


**Un message de Universcience: Comment les Français voient-ils et pratiquent-ils les sciences ? Quels médias utilisent-ils pour s’informer ? Que pensent-ils de la crise climatique ? Font-ils plus confiance aux chercheurs, aux responsables politiques, aux responsables religieux ou aux influenceurs ? Pour se forger leur opinion, s’appuient-ils plutôt sur leurs intuitions ou sur l’avis d’autrui ? Afin de répondre à ces questions, Universcience vous présente la deuxième édition de son Baromètre de l’esprit critique, réalisé par OpinionWay. Cette année, retrouvez-y également les réponses de la population britannique et le comparatif entre les deux pays. #BaromètreEspritCritique**


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