Playbook Paris: Pan pan sur la Garonne — La bourde d’AOC — BLM à Rome

Playbook Paris: Pan pan sur la Garonne — La bourde d’AOC — BLM à Rome
Опубликовано: Friday, 03 March 2023 08:59

Le briefing politique essentiel du matin.

Par ELISA BERTHOLOMEY

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Bonjour à toutes et à tous, très bon dernier réveil avant le week-end, nous sommes vendredi 3 mars 2023. À la lecture de cette dernière infolettre de la semaine, Playbook espère que vous aurez le sentiment d’être “en République”, comme Gabriel Attal hier, qui opposait le respect du Sénat à la “ZAD” de l’Assemblée nationale lors des débats sur la réforme des retraites.

Puisqu’on en parle. Les sénateurs ont démarré ce jeudi l’examen du texte en séance par une discussion générale somme toute assez classique. Les débats devraient être un peu plus animés aujourd’hui, puisqu’une motion référendaire présentée par l’ensemble des groupes de gauche sera examinée dès 9h30 ce matin. Comme à l’Assemblée, les chances qu’elle soit adoptée sont extrêmement minces.

L’AMENDOMÈTRE. Les discussions sur les articles n’ayant pas encore réellement commencé, le compteur des amendements reste pour l’instant figé. À l’heure tardive où votre auteure écrivait ses derniers mots, les services du Sénat décomptaient 3829 amendements à examiner.

FOCUS SUR BORDEAUX

PAN PAN SUR LA GARONNE. Pour finir la semaine, Playbook part à Bordeaux afin de vous conter les truculentes bisbilles qui agitent la Macronie locale. Lundi, le bureau exécutif de Renaissance a rejeté le recours formulé par l’une des deux listes en concurrence pour l’élection de la fédération de Gironde fin janvier. Se revendiquant “des territoires” (comprenez : pas de Bordeaux), la liste du député Eric Pouillat, battue par six voix seulement, reprochait des irrégularités à ses adversaires emmenés par l’élu bordelais Aziz Skalli. Sur la liste victorieuse figurait également le parlementaire du nord de Bordeaux, Thomas Cazenave, un proche d’Emmanuel Macron.

Malgré la décision du Burex, la liste Pouillat refuse de lâcher le morceau. L’un de ses membres s’indignait hier auprès de votre infolettre d’un avis “malhonnête” et “insincère” rendu par la commission chargée d’examiner le recours. “Il y a une acaparation de tous les moyens du parti à des fins bordelaises”, dénonçait-il encore, furieux, visant en creux, les tractations internes en vue des municipales de 2026.

Bon cru. Bastion de la droite pépère malgré une récente bascule chez les Verts, Bordeaux est une ville symbolique pour la Macronie. Le parti présidentiel va d’ailleurs y tenir son campus de rentrée en septembre prochain. Les macronistes assument avoir de grandes ambitions pour la capitale du vin et rêvent de s’y implanter sur la durée. Ainsi, alors qu’il a été élu député en juin 2022 seulement, Thomas Cazenave ne cache pas ses ambitions pour les municipales de 2026, rapportent nos confrères de Sud-Ouest.

Pas de vague. Le recours d’Eric Pouillat contre la liste Skalli-Cazenave est donc regardé avec sérieux. “Qu’on soit d’accord ou pas avec la future position de Cazenave à Bordeaux, on n’a pas intérêt à ce qu’il soit affaibli”, s’inquiétait un député du coin avec qui Playbook échangeait hier. “De la désunion naîtra la défaite”, renchérissait un cadre de Renaissance.

CARTE ÉLECTORALE. Toute anecdotique qu’elle soit, cette brouille interne est aussi révélatrice des difficultés des macronistes à travailler ensemble dans la cité bordelaise. Longtemps dirigée par Alain Juppé, la ville a depuis 2020, un maire écologiste, Pierre Hurmic. Une élection permise, selon un bon connaisseur des enjeux locaux, par les divisions dans la majorité au sens large.

Alors que Nicolas Florian, le maire LR sortant et proche d’Alain Juppé, se représentait, La République en Marche avait déjà à l’époque préféré investir Thomas Cazenave. Florian, élu considéré comme “Macron-compatible”, bénéficiait lui du soutien du MoDem local pourtant allié de LREM-Renaissance au niveau national. “Ça a créé des traumatismes”, euphémisait un élu MoDem au téléphone avec votre infolettre hier.

La plaie fut rouverte à l’automne dernier à l’occasion d’une élection départementale partielle. Le MoDem et Horizons avaient soutenu un binôme LR face à celui investi par Renaissance dans lequel figurait… Aziz Skalli. “Ça a laissé des traces”, admettait le cadre macroniste mentionné plus haut, enjoignant les différentes parties à “dépasser ça” dans la perspective des prochains scrutins.

LA BOURDE D’AOC

ENCORE RATÉ. Amélie Oudéa-Castéra pensait certainement bien faire en conviant les supporters de Liverpool à assister à un match de la Coupe du monde de rugby à Paris en septembre prochain (Playbook vous en parlait hier). Cette invitation visait à apaiser les tensions entre les supporters du club britannique et la France, liées au fiasco de la finale de la Ligue des Champions l’année dernière. Si l’initiative pouvait paraître amicale, notre éditorialiste John Lichfield, un tantinet remonté, vous explique pourquoi elle est très maladroite, au contraire (en anglais).

Contre son camp.“La seule chose plus insultante aurait été d’offrir aux fans de Liverpool des billets pour un match de Manchester United”, écrit notre confrère, comparant même AOC à Marie-Antoinette et sa réplique apocryphe : “Ils n’ont pas de pain ? Qu’ils mangent de la brioche !”

En mêlée les pinceaux. Selon lui, l’erreur de la ministre dépasse les valeurs du sport, elle est d’ordre sociologique. En Angleterre, et plus particulièrement dans le nord-ouest, le football est le sport des classes ouvrières tandis que le rugby est considéré comme celui des bourgeois-Barbour — ou au moins celui de la middle-class des banlieues verdoyantes. “Inviter des fans de foot au rugby revient à convier des fans de rap à l’Opéra”, se moque John, toujours quelque peu agacé, poursuivant : “Si elle voulait vraiment faire amende honorable […] Oudéa-Castéra aurait dû commencer par présenter des excuses.”

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PLAYBOOK EXPRESS

LA PJ AU RAPPORT. Gérald Darmanin va adresser un courrier aux policiers aujourd’hui sur la réforme très contestée de la police judiciaire, a appris votre infolettre hier. Le ministre de l’Intérieur avait prévenu qu’il s’exprimerait une fois tous les rapports sur le sujet remis. C’est désormais chose faite : les sénateurs Jérôme Durain (PS) et Nadine Bellurot (LR) ont présenté hier le leur, le quatrième du genre. Les deux élus préconisent notamment la mise en place d’un “moratoire” sur cette réforme, jusqu’à la fin des Jeux olympiques de 2024.

QATARGATE. Pour les plus anglophones parmi vous, mes collègues outre-Quiévrain ont de la lecture pour vous ce week-end. Ils vous font le récit icarien d’Eva Kaili, l’ambitieuse eurodéputée grecque qui a passé les deux derniers mois en détention provisoire dans une prison de Bruxelles. Kaili, qui est présumée innocente, est soupçonnée par la justice belge d’avoir accepté du cash en échange d’influence en faveur du Qatar (la police a retrouvé 150,000 euros en liquide chez elle). Le scandale, qui secoue le Marigot européen depuis décembre dernier, vient mettre un terme à une carrière en ascension constante, de Thessalonique à Bruxelles. Ses avocats récusent toutes les accusations de malversations la concernant.

BLM À ROME

VENDREDI SUR MAIRE. Lors d’une rencontre aujourd’hui à Rome, Bruno Le Maire et le ministre de l’Industrie italien Adolfo Urso dévoileront leurs ambitions communes en matière de politique industrielle, a appris mon collègue Giorgio Leali. Les deux ministres devraient notamment plaider pour une simplification des règles européennes sur le contrôle des aides d’État et évoquer d’autres sujets chauds, tels que la réforme du marché européen de l’électricité. D’autres dossiers tels que les lanceurs spatiaux et la fin de la vente des nouvelles voitures à moteur thermique d’ici 2035 (à laquelle l’Italie est opposée) pourraient également être discutés.

Dramma della gelosia. Le déplacement de Le Maire, qui rencontrera aussi son autre homologue, le ministre des Finances Giancarlo Giorgetti, devrait permettre d’apaiser les tensions avec le gouvernement de Giorgia Meloni, qui se sont intensifiées le mois dernier. L’exécutif italien n’avait pas apprécié de ne pas avoir été invitée à un dîner à l’Elysée avec Volodymyr Zelensky ni à un déplacement de Le Maire et son homologue allemand aux Etats-Unis (nous vous en parlions ici).

Triangle of sadness. La rencontre d’aujourd’hui sera censée montrer que, un an après la signature d’un traité d’amitié entre les deux pays, l’Italie n’est pas le parent pauvre du triangle qui relie désormais Paris, Berlin et Rome par voie de traités bilatéraux. La déclaration de Le Maire et Urso sur la politique industrielle pourrait être le pendant franco-italien d’une déclaration franco-allemande sur le même sujet l’année dernière, expliquait un bon connaisseur du dossier à Giorgio.

Doc ad hoc. Mais l’alignement franco-italien sur ces sujets ne va pas de soi. En début d’année, Rome avait émis des réserves sur les propositions françaises, reprises par Bruxelles, d’assouplir les règles sur le contrôle des aides d’État, dans un document obtenu par POLITICO.

Nouvelles rencontres. Pour cette première rencontre en personne avec Urso, Le Maire cherchera à savoir si le ministre italien est devenu plus francophile que par le passé. Avant d’entrer au gouvernement, quand il siégeait sur les bancs de l’opposition du Parlement italien, Urso incarnait les positions antifrançaises que le parti de Giorgia Meloni avait l’habitude de défendre, alimentant l’ancienne rivalité industrielle franco-italienne.

AUSSI À L’AGENDA

Emmanuel Macron est en visite à Luanda en Angola, puis à Brazzaville, au Congo. Il rencontre ses homologues angolais João Lourenço puis congolais Denis Sassou-Nguesso.

Elisabeth Borne organise à 9 heures la troisième édition des “Rencontres jeunesse de Matignon”. La Première ministre s’entretient avec Valérie Pécresse à l’heure du goûter.

Bruno Le Maire est en Italie pour s’assurer de la bonne mise en œuvre du Traité du Quirinal. Il rencontre Giancarlo Giorgetti, ministre de l’Economie et Adolfo Urso, ministre des Entreprises. Gérald Darmanin se rend en Nouvelle-Calédonie pour accélérer les discussions sur les futures institutions calédoniennes. Roland Lescure participe à 8h30 avec Marc Fesneau à la réunion du Comité stratégique de la filière agroalimentaire. François Braun est à Lyon pour dresser le bilan national de la feuille de route “santé mentale et psychiatrie” lancée en 2018. A 8h30, Jean-Noël Barrot s’entretient avec Thomas Burbel, DG d’AXA, puis à 9h30 avec Laurent Saint-Martin, DG de Business France. Le ministre rencontre à 11h45 Cho Juhyeon, vice-Ministre des PME de la République de Corée, et à 17h30 Jean-Luc Tavernier, DG de l’Insee.

Agnès Pannier-Runacher visite le site industriel de Framatome au Creusot, en Saône-et-Loire. Jean Christophe Combe se rend en Mayenne dans le cadre du Conseil national de la refondation sur le Bien Vieillir. Olivier Véran et Agnès Firmin Le Bodo sont en Espagne dans le cadre du débat sur la fin de vie. Stanislas Guerini se rend dans la Vienne sur le thème de la sobriété énergétique de l’Etat.

Sénat : A l’ordre du jour, suite de l’examen du PLFRSS.

MATINALES

7h30. Public Sénat : Roger Karoutchi, sénateur LR des Hauts-de-Seine.

7h40. France 2 : Isabelle Rome, ministre déléguée chargée de l’Egalité entre les femmes et les homme … RTL : Jean-Louis Debré, ancien président de l’Assemblée nationale … RMC : Antoine Léaument, député LFI de l’Essonne.

7h45. Radio J : Michèle Tabarot, députée LR des Alpes-Maritimes.

7h50. France Inter : Dominique Seux et Thomas Piketty, éditorialiste et économiste … France Info : Éliane Assassi, sénatrice CRCE de Seine-Saint-Denis.

8h00. Public Sénat : Patrick Kanner, président du groupe PS au Sénat.

8h15. Europe 1 : François Cornut-Gentille, spécialiste des questions de défense … CNEWS : Karl Olive, député Renaissance de l’Essonne … France 2 : Mahnaz Shirali, sociologue … Sud Radio : Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture … Radio Classique : Guillaume Ancel, écrivain … BFM Business : Christiane Lambert, présidente de la FNSEA.

8h20. France Inter : François Héran, professeur au Collège de France.

8h30. BFMTV/RMC : Michel Onfray, essayiste … LCI : Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès de l’ONU.

CARNET

AUJOURD’HUI DANS PARIS INFLUENCE : Les lobbies industriels s’activent pour sauver le CIR … Retraite : une réforme pas clerc clerc … Notre guide du savoir-être à l’Assemblée. C’est à 7h30 pour nos abonnés POLITICO Pro.

ANNIVERSAIRES : Xavier Bettel, Premier ministre du Luxembourg … Brigitte Devésa, sénatrice UC des Bouches-du-Rhône.

Samedi : Céline Brulin, sénatrice PCF de Seine-Maritime … Karima Delli, députée européenne EELV … Thomas Mesnier, porte-parole d’Horizons, ancien député … François Fillon, ancien Premier ministre … Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée chargée des Personnes handicapées … Hélène Geoffroy, maire PS de Vaulx-en-Velin, ancienne secrétaire d’Etat … Christophe Bouillon, maire de Barentin, ancien député de la Seine-Maritime … François Durovray, président du Conseil départemental de l’Essonne.

Dimanche : Françoise Férat, sénatrice UC de la Marne … Jean-Philippe Ardouin, député Renaissance de Charente-Maritime … Jean-Marie Sermier, ancien député … Julien Dray, conseiller régional PS d’Ile-de-France.

Un grand merci à : Giorgio Leali, nos éditeurs Jules Darmanin et Pauline de Saint Remy, Martin Lagrave pour la veille et Grace Stranger pour la mise en ligne

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