Playbook Paris: La Nupes à l’Elysée — Fracture en Ariège — Convention sur la fin de vie

Playbook Paris: La Nupes à l’Elysée — Fracture en Ariège — Convention sur la fin de vie
Опубликовано: Monday, 03 April 2023 06:29

Le briefing politique essentiel du matin.




Par ANTHONY LATTIER


Avec ELISA BERTHOLOMEY


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Bonjour à toutes et à tous, très bonne semaine, nous sommes lundi 3 avril 2023. Fini de rouler ! 103 084 Parisiens ont retrouvé le chemin des urnes hier soir, 89% d’entre eux se prononçant contre les trottinettes en libre service. La participation (7,46% des inscrits) a surpris la maire de Paris, qui a salué hier soir une “victoire de la démocratie locale”. Anne Hidalgo a promis qu’il n’y aurait plus de trottinettes en libre service dès le 1er septembre.


Y’a plus de respect. Les opérateurs de trottinettes l’avaient évidemment mauvaise, critiquant une décision qui “aura un impact direct sur les déplacements de 400 000 personnes par mois”. Comme à l’accoutumée, les macronistes parisiens ont aussi flingué l’initiative d’Hidalgo. Ainsi Clément Beaune, ministre délégué chargé des Transports, a-t-il regretté auprès de notre collègue Alexandre Léchenet, “un immense flop démocratique” et “un double échec pour la maire de Paris : le rejet des trottinettes qu’elle a elle-même installées et jamais su réguler” et “un taux de participation humiliant”.


RÉFORME DES RETRAITES


LA NUPES CHEZ MACRON. Ils ont renoncé à marcher symboliquement vers l’Elysée, mais certains d’entre eux passeront bien la grille d’honneur. Une délégation de parlementaires de la Nupes sera reçue demain au Château, nous a indiqué hier le président du groupe communiste à l’Assemblée nationale André Chassaigne.


Point trop n’en faut pour autant : selon le même, les élus (un par groupe parlementaire) ne seront pas reçus par Emmanuel Macron mais par un “collaborateur de haut niveau” (les collaborateurs de bas niveau apprécieront) à qui il sera remis une lettre demandant le retrait de la réforme des retraites, une information non commentée par les communicants de l’Elysée sollicités par nos soins hier soir.


Pas de cortège. Le reste des parlementaires de la Nupes tiendra un rassemblement… statique, aux abords du palais présidentiel : l’idée d’organiser un “cortège républicain de parlementaires”, partant de l’Assemblée nationale pour aller jusqu’à l’Elysée a fait long feu. Les groupes parlementaires communistes — qui avaient annoncé cette initiative jeudi — ont été contraints de faire machine arrière, notamment en raison de l’opposition d’une partie de leurs collègues de la Nupes.


Piquet des verts. Si le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard était très partant, les écologistes et les socialistes n’étaient pas du tout emballés. “‘Une marche sur l’Elysée’ : le terme ne nous convenait pas et ça n’était pas terrible en termes d’image”, justifiait auprès de votre infolettre un député socialiste hier. “Ce genre de marche, ça n’est pas trop notre style”, abondait un élu écologiste. Précisons que la grande migration de la rive gauche à la rive droite a été annulée aussi pour des raisons de sécurité, ou, dans les mots de Chassaigne, “pour éviter le dévoiement du cortège initialement prévu”.


CONSULTATIONS. Si les élus de la Nupes veulent se rassembler sous les fenêtres de Macron, c’est bien sûr pour souligner que le sort de la réforme des retraites se joue rue du Faubourg Saint-Honoré et non rue de Varenne. Exigeant au préalable le retrait du texte, ils refusent donc de discuter de la suite du calendrier parlementaire comme le voudrait Elisabeth Borne.


En revanche, la cheffe du gouvernement s’entretiendra bien mardi avec la secrétaire nationale d’EELV Marine Tondelier, qui veut parler à Borne “du maintien de l’ordre, du climat de violence à l’égard des militants écologistes et du nécessaire apaisement.” C’est aussi en tant que chef de parti qu’Olivier Faure veut se rendre à Matignon afin d’évoquer la “situation générale du pays”.


Dès ce lundi, Borne a plusieurs rendez-vous à son agenda avec des dirigeants des responsables de groupes parlementaires et de partis politiques : Bertrand Pancher du groupe LIOT, le sénateur Jean-Claude Requier du RDSE, Laurent Hénart du Parti radical et Hervé Marseille de l’UDI. Ce dernier nous textotait hier l’une des questions (existentielles) qu’il souhaitait poser à la Première ministre : “Pas de majorité, pas d’alternative, pas de dissolution : comment on fait ?”


Élargissement. Une question à laquelle s’attèlera aussi Renaissance ce soir. Le parti présidentiel organise pour la première fois un bureau exécutif “élargi”, a appris Playbook. Entendez : ouvert aux ministres adhérents du parti mais non-membres du bureau exécutif. Ils sont une vingtaine à avoir été invités, comme Gabriel Attal, Sébastien Lecornu, Olivier Veran, Eric Dupond-Moretti ou Agnès Pannier-Runacher.


LÉGISLATIVES PARTIELLES


LIGNE DE FRACTURE. Si vous aviez des doutes sur qui est pro-Nupes et qui est anti-Nupes à gauche, vous n’aviez qu’à passer deux minutes sur le Twitter soc-dem hier soir, alors qu’on apprenait la large victoire de la socialiste dissidente Martine Froger (60,2% des voix) dans la première circonscription de l’Ariège face à la députés insoumise sortante Bénédicte Taurine.


Froger fédère. Carole Delga, Lamia El Aaraje, Hélène Geoffroy, Michaël Delafosse, Bernard Cazeneuve, François Rebsamen ou encore Loïg Chesnais-Girard se sont empressés de féliciter celle qu’ils défendaient au mépris de la ligne officielle du parti — le PS ayant soutenu Taurine en vertu de l’accord avec les autres partis de la Nupes. Les opposants à Olivier Faure se sont sentis confortés dans leur choix de prôner une voix alternative à l’union des gauches version Nupes. C’est “la victoire de la gauche du futur, du sérieux face à l’outrance”, a ainsi lancé Nicolas Mayer-Rossignol, qui, rappelons le tout de même, est premier secrétaire délégué du Parti socialiste.


Faure grimace. Après avoir accusé le coup, les soutiens de Bénédicte Taurine ont répliqué. Ils furent bien aidés par les félicitations adressées à Froger, qui sonnaient comme des baisers de la mort de la part d’Olivier Dussopt, Clément Beaune, Stéphane Séjourné, Renaud Muselier et même Julien Odoul du RN. Olivier Faure, qui avait appelé Froger à se désister, a ainsi estimé que son ex-camarade avait été élue avec les voix des électeurs macronistes et d’extrême-droite. Il a déploré une “victoire à la Pyrrhus qui n’ouvre aucune perspective pour la gauche puisqu’elle s’est construite dans une alliance avec les droites”.


Fossé. Ce communiqué amer a lui-même déchaîné des commentaires outrés de la part des opposants internes à Faure, à l’image du maire de Montpellier Michaël Delafosse qui a tout bonnement accusé le chef de son parti d’avoir été réélu à la tête du PS “par la fraude”.


Calmos les amis. La virulence de ces interpellations était à prévoir : c’est l’épilogue d’une campagne qui a tourné au duel fratricide au Parti socialiste. Au cours de cette soirée enfiévrée, le député socialiste Arthur Delaporte tentait, auprès de votre infolettre, de minimiser la défaite de la candidate Nupes en appelant à ne pas la surinterpréter la victoire de Froger. Pour Delaporte, les anti-Nupes érigent “en étendard une partielle gauche contre gauche qui ne peut être reproduite que dans une poignée de circos à l’échelle du territoire.”


Dissensions insoumises. “Voilà à quoi servent les ‘dissidents du PS’. Refuge du vote Le Pen et Macron au 2e tour pour battre l’opposition à la retraite à 64 ans”, a enragé pour sa part Jean-Luc Mélenchon alors que le groupe Insoumis à l’Assemblée descend à 74 membres. Mais des voix en interne trouvent que le leader historique de LFI a aussi sa part de responsabilité dans la défaite de sa candidate. Taurine “paye une stratégie mélenchoniste [de contestation de la réforme des retraites] entièrement consacrée à se singulariser” du reste de la Nupes et des syndicats, selon les mots d’une frondeuse insoumise avec qui Playbook échangeait hier. Pour celle-ci, la “radicalité” portée par Mélenchon a entraîné un vote de barrage contre Taurine, permettant la victoire de Froger.


LA QUESTION. Dans quel groupe la nouvelle députée siégera-t-elle à l’Assemblée nationale ? Avec le groupe socialiste ? C’est ce que souhaitait Froger début mars, signalait hier sur Twitter le journaliste Olivier Pérou. Au PS, on nous renvoyait vers un post Facebook de Martine Froger datant de la semaine dernière. Elle y écrivait qu’elle “ne siégera pas dans le groupe Nupes”, en réponse à une question posée par Anne-Sophie Tribout, la candidate Renaissance éliminée du premier tour.


Courtisée. Possible piste d’atterrissage pour Froger : le groupe LIOT de Bertrand Pancher. Ce dernier est tout disposé à l’accueillir, d’autant plus que Froger a fait campagne avec le soutien d’un autre dissident PS, Laurent Panifous, député de la deuxième circo de l’Ariège, et lui aussi chez LIOT. Dans un communiqué hier soir, Panifous et les 3 autres socialistes dissidents du groupe ont tenu à faire savoir à la nouvelle députée “qu’elle pourra défendre ses idées, si elle le souhaite, à [leurs] côtés”.


AUTRES PARTIELLES. Dans la 8e circonscription des Français de l’étranger, le député sortant apparenté LR Meyer Habib (34,1%) affrontera la Renaissance Deborah Abrisor-de Lieme (26,6%). Il s’agit du même duel que l’an passé.


Dans la 9e circo des Français de l’étranger, le sortant Nupes Karim Ben Cheikh ressort largement en tête, avec 43,24% des voix. La candidate Renaissance Caroline Traverse (16,31%) se qualifie pour le second tour en dépassant avec moins d’un point d’écart M’jid El Guerrab (15,40%).


Dans la 2e circo des Français de l’étranger, la députée sortante Eléonore Caroit (Renaissance) sera opposée à Christian Rodriguez (LFI).


CONVENTION SUR LA FIN DE VIE


CITOYENS À L’ÉLYSÉE. Emmanuel Macron reçoit ce matin à l’Élysée les 184 citoyens tirés au sort pour participer à la convention sur la fin de vie. Ils présenteront les préconisations sur lesquelles ils travaillent depuis le 9 décembre dernier, avant que le chef de l’Etat ne tire lui-même dans un discours “les conclusions de ce travail essentiel”, traçant “les voies d’un possible acte deux de ce travail”, indiquait l’Elysée hier, tout en prudence, lors d’un briefing téléphonique avec la presse.


La convention propose… La convention a émis 146 propositions dont 65 font consensus et sont considérées comme “un socle”. Parmi les conventionnaires, 75,6% se prononcent en faveur d’une aide active à mourir, ouvrant la voie à l’euthanasie ou au suicide assisté, tandis que 23% des membres estiment que “la pleine application du cadre juridique actuel serait suffisante” — si vous êtes prêts à vous plonger un peu plus dans le sujet de bon matin, les préconisations des citoyens ont été dévoilées dans la presse hier, ici et là.


Macron dispose. Dès la mise en place de la convention, le gouvernement avait fait savoir qu’il n’était pas question de les reprendre “sans filtre” — la convention citoyenne pour le climat ayant créé un précédent — un message que martelait encore l’Elysée hier. La présidence insistait toutefois sur l’importance que tout “ça ne se conclut pas par une impasse”. Des propos peu ou prou repris par un ministre à qui Playbook a envoyé un petit message Telegram : “Je suis certain que le président a toujours eu à cœur de s’appuyer sur l’avis de la convention citoyenne, qui a acquis une expertise sur la forme et le fond, remarquables”, nous assurait-il.


Mystère, mystère. Hier après-midi, le Palais se gardait bien de dévoiler la teneur du discours présidentiel. “Il va partir de la convention et tirer vers un travail législatif sans lequel il est impossible de faire aboutir les conclusions”, croyait simplement savoir un conseiller ministériel avec qui votre infolettre échangeait en début de soirée. Sous-titres fournis par Playbook : cela pourrait déboucher sur une loi, le référendum n’étant pas possible sur les questions sociétales, rappelait l’Elysée.


Sur le fond, le chef de l’Etat a toujours adopté une position très prudente sur le sujet de la fin de vie. En septembre dernier, au moment d’annoncer la convention, il insistait, face à la presse, sur le fait de ne “pas avoir de position officielle” ou martelait que son “opinion personnelle impor[tait] peu”. Début mars, il recevait des représentants des cultes et des médecins pour échanger avec eux sur ce sujet. “Dès le départ, il a eu la conviction profonde que ce travail ne pourrait pas aboutir sur les considérations d’un homme seul”, indiquaient encore ses conseillers hier.


PLAYBOOK EXPRESS


MARIN COULE. Après plus de trois ans à la tête de la Finlande, la Première ministre Sanna Marin va céder sa place. La troisième place de son parti socio-démocrate, lors d’un scrutin serré hier, ne suffira pas pour former une coalition. C’est Petteri Orpo, le leader des conservateurs, qui aura la tâche de former un gouvernement. Plus d’info avec notre collègue spécialiste des pays nordiques, Charlie Duxbury.


AUSSI À L’AGENDA


Emmanuel Macron reçoit les 184 membres de la Convention citoyenne sur la fin de vie pour la restitution des travaux menés depuis décembre 2022, en présence de François Braun, Olivier Véran et Agnès Firmin Le Bodo. Il déjeune avec Ursula von der Leyen pour préparer leur voyage officiel en Chine.


Elisabeth Borne conclue la réunion de la présentation des 150 lauréats du Fonds vert au Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires aux côtés de Christophe Béchu.


La Première ministre enchaîne ensuite les rendez-vous de consultations. Elle reçoit à 13h30 Hervé Marseille, président du groupe UC au Sénat, Valérie Létard, sénatrice, présidente du conseil national de l’UDI. A 14h30, Jean-Claude Requier, président du groupe Rassemblement Démocratique et Social Européen au Sénat. A 15 heures, Laurent Hénart, président du Parti radical. A 16h30, Bertrand Pancher, président du groupe LIOT à l’Assemblée nationale et Christophe Naegelen, député, co président du groupe LIOT. Elle s’entretient aussi séparément avec Franck Riester, ministre délégué auprès de la Première ministre, chargé des Relations avec le Parlement, Olivier Veran, porte-parole du gouvernement et Jean-Paul Mattei, président du groupe MoDem à l’Assemblée.


François Braun visite à 17 heures le Centre hospitalier Jura Sud à Lons-le-Saunier. Roland Lescure est en déplacement à Troyes pour les 130 ans de l’entreprise Petit Bateau. Laurence Boone s’entretient avec Pierre Moscovici à 13 heures.


Assemblée nationale : en séance publique à 16 heures, débat sur la lutte contre le terrorisme d’extrême-droite et débat sur le thème “L’école inclusive, une réalité ?” A 21h30, débat sur le thème “Pour une politique ambitieuse du grand âge”.


La mission d’information sur la géopolitique du sport auditionne à 15 heures des membres de la Fédération française d’escrime.


Sénat : la commission d’enquête Tiktok auditionne à 14h30 Louis Dutheillet de Lamothe, secrétaire général de la CNIL et à 17 heures Nicolas Lerner, directeur général de la DGSI.


RN : réunion du bureau exécutif, à Paris.


Renaissance : réunion du bureau exécutif, à Paris.


MATINALES


7h30. Public Sénat : Bernard Jomier, sénateur PS de Paris.


7h40. France 2 : François Asselin, président de la CPME … RTL : Général Réty, commandant du GIGN.


7h45. Radio J : Marylise Léon, secrétaire générale adjointe de la CFDT.


7h50. France Inter : Bruce Toussaint, journaliste et auteur.


8h00. Public Sénat : Manuel Bompard, député LFI des Bouches-du-Rhône.


8h15. Europe 1 : Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme … CNEWS : Nadine Morano, eurodéputée LR … France 2 : Mathieu Blanchard, aventurier … Sud Radio : Henri Guaino, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy … Radio Classique : Martin Bourboulon, réalisateur.


8h20. France Inter : Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT … RFI : Prisca Thevenot, députée Renaissance des Hauts-de-Seine.


8h30. France Info : Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur … BFMTV/RMC : François Braun, ministre de la Santé… LCI : Général Michel Yakovleff.


CARNET


AUJOURD’HUI DANS PARIS INFLUENCE : L’art de savoir prendre le temps d’interdire les pesticides … Les premières briques de l’industrie “verte” (décarbonée quoi) … Crèches : un rapport bientôt publié sous la contrainte médiatique. C’est à 7h30 pour nos abonnés POLITICO Pro.


ANNIVERSAIRES : Laurence Garnier, sénatrice LR de la Loire-Atlantique … Léonore Moncond’huy, maire EELV de Poitiers.


Un grand merci à : Alexandre Léchenet, nos éditeurs Jules Darmanin et Pauline de Saint Remy, Martin Lagrave pour la veille et Grace Stranger pour la mise en ligne.


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