Playbook Paris: Macron aux Pays-Bas — PPL Bien vieillir — Dossier calédonien

Playbook Paris: Macron aux Pays-Bas — PPL Bien vieillir — Dossier calédonien
Опубликовано: Tuesday, 11 April 2023 06:09

Le briefing politique essentiel du matin.




Par ELISA BERTHOLOMEY


Avec ANTHONY LATTIER


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Bonjour à toutes et à tous, bon réveil, nous sommes mardi 11 avril 2023. Playbook espère que votre week-end pascal fut reposant, et qu’il vous permettra d’affronter avec suffisamment d’énergie les quelques jours avant la décision du Conseil constitutionnel sur la réforme des retraites.


MACRON AUX PAYS-BAS


LA HAYE D’HONNEUR. Emmanuel Macron est attendu ce matin aux Pays-Bas pour une visite d’État de deux jours. Il prononcera notamment à La Haye un discours consacré à la souveraineté industrielle européenne. Le président de la République exposera sa “doctrine de sécurité économique” pour l’Union, selon l’Elysée, lors d’un briefing avec la presse jeudi dernier suivi par notre collègue Giorgio Leali. Presque six ans après le fameux discours de la Sorbonne, on estime au Château que l’appel présidentiel pour plus de souveraineté européenne est désormais “devenu réalité”.


C’est coton. Ce déplacement intervient quelques jours seulement après son retour d’une visite d’État en Chine lors de laquelle Macron a accordé une interview à plusieurs médias dont POLITICO. Plaidant comme toujours en faveur du principe “d’autonomie stratégique” européenne, il y invitait l’Union à ne pas se penser “en suiveur” des Etats-Unis et de la Chine au sujet de Taïwan.


Des propos qui ont suscité incompréhension et critiques de la part de nombreux spécialistes, certains les qualifiant de “faute stratégique” alors que Pékin réalise des manœuvres militaires d’ampleur autour de Taïwan. (Sans parler de l’ire des Républicains et de la gêne de la Maison-Blanche à Washington). Fermons la parenthèse.


Le support d’Amsterdam. La visite a aussi pour but de montrer que Paris et La Haye, si souvent opposées sur les gros dossiers économiques et budgétaires, se sont rapprochées. L’époque où l’UE était divisée entre pays frugaux et pays… moins frugaux, entre défenseurs du libre commerce et nations protectionnistes, est révolue, insistait-on jeudi à l’Elysée. “Notre vision des choses est devenue moins caricaturale” et il y a désormais une “convergence entre les deux pays”.


Krach de la tulipe. Côté néerlandais, le ton est toutefois un peu moins euphorique. “Les positions française et néerlandaise s’appuient sur un constat commun : nous devons garantir notre position géostratégique en tant qu’États membres de l’Union européenne”, a expliqué un conseiller du gouvernement néerlandais à Giorgio, préférant ne pas utiliser le mot “convergence”.


Alignés. Il est pourtant vrai que les Pays-Bas, comme d’autres pays de l’Union, sont devenus moins hostiles aux propositions françaises de soutenir l’industrie européenne. Au cours des dernières semaines, nos voisins néerlandais ont ainsi adopté une approche beaucoup plus stricte sur le filtrage des investissements étrangers et ont limité les exports de semi-conducteurs vers la Chine pour des question de “sécurité”.


Chassez le naturel… Mais plusieurs divergences persistent, notamment sur la question des finances publiques et du financement du futur fond de souveraineté européen. Ce mécanisme de soutien à l’industrie devrait, selon Paris, être renfloué avec de l’argent frais, alors que les Néerlandais veulent uniquement piocher dans des fonds existants, tel l’argent non utilisé du plan de relance européen post-COVID.


Long time no see ! C’est la première vraie “visite d’État” d’un président français à La Haye en 23 ans, même s’il y a eu d’autres déplacements aux Pays-Bas, par exemple en janvier dernier. Les deux gouvernements annonceront plusieurs partenariats — notamment dans le nucléaire civil, le quantique et le semi-conducteurs — signeront un “pacte pour l’innovation et la croissance”. Sept ministres des deux pays participeront à des consultations intergouvernementales, faisant suite à celles qui avaient eu lieu à Paris l’année dernière. Plus de détails par ici, pour nos abonnés POLITICO Pro (en anglais).


EN CHAMBRE


IL EST L’OR, MON SÉNIOR. Pas moins de 1271 amendements ont été déposés sur la proposition de loi Renaissance et Horizons “pour bâtir une société du bien vieillir en France”, examinée à partir d’aujourd’hui en séance à l’Assemblée nationale. Alors que l’opposition fustige des “mesurettes”, la majorité va tenter de défendre un texte qui ne convainc pas non plus tout le monde dans ses propres rangs.


Sans moi. Pour preuve, la députée Renaissance Monique Iborra a préféré démissionner de son rôle de co-rapporteure, dénonçant l’absence d’ambition de la proposition de loi. “Considérant que [la proposition de loi] n’allait pas assez loin, ne voulant pas gêner mes collègues, je me suis retirée”, a-t-elle expliqué sur Twitter.


Que prévoit-elle, cette PPL ? De créer une Conférence nationale de l’autonomie, de faciliter le repérage et la prise en charge des personnes âgées isolées, de permettre un meilleur signalement des cas de maltraitances ou encore d’expérimenter une carte professionnelle pour les aides à domicile. Les articles 6, 8 et 10 prévoient des remises de rapports.


Pas à la hauteur. “Il y a beaucoup de petites choses, on ne peut pas être contre mais ça ne fait pas une grande loi”, déplorait le député LR Yannick Neuder au bout du fil hier soir, y voyant un “objet pour faire diversion des retraites”. Même déception chez le socialiste Jérôme Guedj. “On attend la loi grand âge depuis 2019 ! Ce texte est un cache-misère, un écran de fumée législatif.” Pour “créer un effet de contraste”, Guedj a rédigé une proposition de loi avec “166 articles” (contre 14 pour la PPL).


Mieux que rien. La majorité présidentielle ne promet pas le grand soir mais “une première étape utile aux Français”, lit-on dans l’exposé de la proposition de loi. Le ministre des Solidarités, Jean-Christophe Combe, qui a bouclé la semaine dernière le “CNR bien vieillir”, a prévu d’ “enrichir” le texte en séance, selon l’une de ses conseillères. Combe voit surtout cette proposition de loi comme un “complément” du “grand plan d’actions” sur le grand âge qu’il annoncera fin mai.


Une motion de rejet du texte sera défendue par les communistes. A-t-elle des chances de passer ? “Ce n’est pas impossible…”, voulait croire un élu du groupe hier. “Voter pour le rejet serait un message clair qu’on enverrait aux Français en leur signifiant que le grand âge n’est pas convenablement pris en charge [par le camp présidentiel]”, appuyait Neuder, précisant qu’il n’avait pas encore pris de décision à ce sujet. Le sort de cette motion de rejet dépendra, comme souvent, de la présence des députés de la majorité en séance.


LE CAS QUATENNENS. Le groupe LFI doit décider ce matin, lors de sa réunion hebdomadaire, si Adrien Quatennens aura le droit de revenir siéger au sein du groupe LFI. Enfin, en principe : le processus n’est pas d’une clarté limpide, et les Insoumis ne sont pas très loquaces sur le sujet. Une commission paritaire de quatre députés devait l’auditionner, selon le Parisien, avant de présenter ses conclusions lors de la réunion d’aujourd’hui.


Rois du silence. En théorie, les Insoumis pourraient se prononcer en sus via un vote… “si quelqu’un du groupe en fait la demande”, nous indiquait un cadre LFI la semaine dernière. Autant dire que tous les piliers du groupe n’y tiennent pas nécessairement : “Je ne sais pas”, “je n’en sais pas plus que vous”, ont été les seules réponses recueillies par votre infolettre qui s’interrogeait hier sur ce procédé de réintégration.


Le dégoût des autres. Condamné à quatre mois de prison avec sursis et d’une amende de 2000 euros pour avoir giflé sa compagne de l’époque, le député du Nord, très proche de Jean-Luc Mélenchon, était revenu siéger parmi les non-inscrits. Le retour de Quatennens parmi les Insoumis, conditionné au suivi d’un “stage de responsabilisation sur les violences faites aux femmes”, embarrasse au sein de la Nupes. Ce serait “une erreur”, a d’ailleurs lâché Boris Vallaud, patron du groupe PS, dimanche sur RTL.


PENDANT CE TEMPS… La nouvelle députée de la première circonscription de l’Ariège, la dissidente socialiste Martine Froger, fera ses premiers pas à l’Assemblée nationale aujourd’hui. S’il paraît compliqué d’envisager qu’elle puisse pointer au groupe PS car elle ne veut pas “siéger avec la Nupes” , son inscription au groupe LIOT n’est pas encore actée : elle doit échanger à ce sujet avec son président Bertrand Pancher, dans la semaine.


DOSSIER CALÉDONIEN


RÉUNIONS À MATIGNON. Elisabeth Borne reçoit ce matin des délégations indépendantistes et non-indépendantistes de Nouvelle-Calédonie pour tenter de renouer le dialogue sur l’avenir institutionnel de l’île, le tout dans “une logique constructive”, promettait hier un conseiller de l’exécutif. Ces réunions font suite au déplacement effectué par Gérald Darmanin sur le Caillou début mars — Playbook vous en parlait ici. D’autres rencontres sont prévues entre le ministère de l’Intérieur et les Calédoniens d’ici la fin de la semaine.


Nouveau statut. Depuis les trois referendums d’autodétermination — le “non” l’ayant toujours emporté — le statut de la Nouvelle Calédonie doit être modernisé via une modification constitutionnelle. Mais plusieurs sujets font l’objet de frictions entre unionistes et indépendantistes, comme le degré d’autonomie des provinces ou la question de la répartition des compétences.


Le corps électoral. C’est le dossier le plus sensible : depuis l’accord de Nouméa, le corps électoral est gelé et favorable aux Kanaks puisque seules les personnes installées dans l’île depuis avant 1998 peuvent voter. Un statut quo “difficilement entendable”, selon un conseiller ministériel pour qui il est de l’intérêt même des indépendantistes d’aborder ce sujet. “Soit on parvient à une solution politique, soit cela va au contentieux”, craignait-il auprès de votre infolettre hier soir. La question doit être réglée rapidement car de nouvelles élections provinciales sont prévues en mai 2024.


AUSSI À L’AGENDA


Emmanuel Macron est en visite d’État aux Pays-Bas accompagné de sept ministres. Le Président et son épouse sont reçus à 11 heures par le Roi Willem-Alexander et la Reine Máxima. A 15h15, il s’entretient à La Haye avec Jan Anthonie Bruijn, président du Sénat des Etats et Vera Bergkamp, présidente de la Chambre des représentants. Il prononce un discours à 16h10 sur la “souveraineté européenne en matière économique et industrielle” à l’Institut Nexus. A 20h30, le couple présidentiel retrouve le roi et la reine pour un dîner au palais royal.


Elisabeth Borne rencontre à 9h30, la délégation du Front de libération nationale kanak et socialiste et à 11h30 la délégation non-indépendantiste, en présence de Gérald Darmanin et Jean-François Carenco. Elle reçoit à 17h30 Marine Le Pen et Renaud Labaye, en présence de Franck Riester.


Gérald Darmanin, Marc Fesneau, Christophe Béchu et Dominique Faure se rendent à 19 heures à la Teste-de-Buch en Gironde pour la présentation du dispositif 2023 de lutte contre les feux de forêt. Rima Abdul-Malak visite la cathédrale de Reims à l’occasion du bilan “du plan sécurité cathédrales”.


Assemblée nationale : En séance publique à 9 heures, questions orales sans débat. A 15 heures et 21h30, questions au Gouvernement, dernier vote sur le projet de loi relatif aux Jeux olympiques, examen des conclusions de la CMP sur la proposition de loi portant fusion des filières à responsabilité élargie des producteurs d’emballages ménagers et examen de la proposition de loi “pour bâtir la société du bien vieillir en France”.


La commission d’enquête relative aux ingérences étrangères auditionne à 18h30 Arnaud Montebourg. La mission d’information sur l’avenir de l’audiovisuel public auditionne à 15 heures Delphine Ernotte-Cunci, PDG de France Télévisions et Christophe Tardieu, secrétaire général. La mission d’information sur la fiscalité du patrimoine auditionne à 17 heures les organisations syndicales (CFDT, Force ouvrière, CFTC et CGT) et à 18h30 l’économiste Gabriel Zucman.


Sénat : En séance publique à 14h30 et 21h30, débats sur le thème “l’avenir de la ressource en eau : comment en améliorer la gestion ?” et “Harcèlement scolaire : quel plan d’action pour des résultats concrets”. Proposition de loi pour une école de la liberté, de l’égalité des chances et de la laïcité.


Horizons : Edouard Philippe se rend à Toulouse pour rencontrer des élus et participer à une réunion publique à 19h00.


MATINALES


7h30. Public Sénat : Mathieu Darnaud, sénateur LR de l’Ardèche.


7h40. France 2 : Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France … RTL : Pap Ndiaye, ministre de l’Education nationale … RMC : Jean-Paul Bosland, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers.


7h45. Radio J : Pierre-Henri Dumont, député LR du Pas-de-Calais.


7h50. France Inter : Veronika Dorman et Ksenia Bolchakova, journalistes spécialistes de la Russie … France Info : Jérôme Guedj, député PS de l’Essonne.


8h00. Public Sénat : Stanislas Guerini, ministre de la Transformation et de la Fonction publiques.


8h15. Europe 1 : Bruno Le Maire, ministre de l’Economie … CNEWS : Olivier Klein, ministre du Logement … France 2 : Anna Benjamin, journaliste… Sud Radio : Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme … Radio Classique : Dominique Moïsi, géopolitologue … BFM Business : Alexis Karklins-Marchay, DG Eight Advisory.


8h20. France Inter : Stéphane Séjourné, secrétaire général de Renaissance … RFI : Ian Brossat, porte-parole du PCF.


8h30. France Info : Aurélien Pradié, député LR du Lot… BFMTV/RMC : Fabien Roussel, député PCF du Nord… LCI : Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT.


CARNET


AUJOURD’HUI DANS PARIS INFLUENCE : Montebourg chevalier blanc de la robinetterie hautement stratégique … La TICPE bientôt plein pot pour tous ? … FIC : Avisa prend les devants et imagine la suite … C’est à 7h30 pour nos abonnés POLITICO Pro.


ANNIVERSAIRES : Anne Chain-Larché, sénatrice LR de la Seine-et-Marne … Ludovic Mendes, député Renaissance de Moselle … Philippe Berta, député MoDem du Gard … Denis Masséglia, député Renaissance du Maine-et-Loire … Anne-Sophie Frigout, députée RN de la Marne.


Un grand merci à : Giorgio Leali, nos éditeurs Jules Darmanin et Pauline de Saint Remy, Martin Lagrave pour la veille et Grace Stranger pour la mise en ligne.


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